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Archive for the ‘Articles et Interviews’ Category

Article dans Le Monde (version papier) -Venus Obscura

Article dans LE MONDE (version papier et demain online en entier) sur ‘Venus Obscura‘ par le fameux critique Jean-François Rauger: « Une terreur inattendue » !

Venus Obscura, Christophe Karabache

Venus Obscura, Christophe Karabache

– « C’est le postulat d’une série de situations où se mêlent, avec un certain sens de la pose, travail des comédiens, considérations sentimentalo-sexuelles et retour d’un passé chargé, avant qu’un final un peu mystérieux ne fasse basculer le film vers une terreur inattendue. » (Jean-François Rauger – Le Monde)

Venus Obscura, Christophe Karabache

Venus Obscura, Christophe Karabache

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Interview Venus Obscura

sur le tournage de ‘Venus Obscura‘: RENCONTRE/INTERVIEW avec les acteurs Cedrick SpinassouZalfa SeuratThomas ArnaudLoredana Flori! Au cinéma le 7 mars 2018 ! Un film écrit et réalisé par Christophe Karabache

Article sur Wadi Khaled

Article sur mon film Wadi Khaled (de 2012) sur Citylight (Blog) par Grégory Tahar:

https://citylightscinema.wordpress.com/2012/10/21/wadi-khaled-christophe-karabache-2008/

extraits:

Cela fait un moment que j’ai eu l’occasion de voir des bribes de films et de lire quelques interviews de ce cinéaste/vidéaste franco-libanais fort intriguant. J’ai bien essayé de faire commander à une médiathèque certains de ses films, ce n’était pas possible, tandis qu’il a sorti en salles, en 2011, un long métrage intitulé Beirut kamikaze, désormais disponible en DVD. Depuis peu il est un film accessible en ENTIER sur le net. J’en ai profité pour la découverte, au-delà des propos forts intéressants qu’il développe dans ses interviews, que ce soit sur la situation du Liban, le milieu du cinéma, les réactions devant ses films ou encore les auteurs qui l’ont marqué (Pasolini, Fassbinder…). Ce film est donc Wadi Khaled.

Christophe Karabache dispose par ailleurs d’un compte sur Vimeo où quelques unes de ses réalisations sont accessibles par de nombreux extraits. J’ai donc visionné l’ensemble, et c’est ici une manière de rebondir vis du final de Wadi Khaled (zone particulièrement tendue, de nouveau, depuis quelques temps ceci dit !). La guerre et ses bombardements (que de ruines, et la bande sonore…), la personne à son contact (les invisibles et marginaux notamment), le chaos, l’errance… sont très prégnants dans ces extraits. Ici, nul détour par une démarche sophistiquée, conceptuelle, policée… Il y aborde régulièrement de front le Liban, tel qu’il semble être. Et il n’est pas sans la guerre : celle-ci y est une référence quasi constante. En cela Karabache semble s’inscrire dans une dimension des films libanais qui se refusent à faire l’impasse sur cette mémoire…

Par rapport à tout cela, Karabache n’y va pas de main morte. Il fait exploser à la tête du spectateur une réalité violente, toujours articulée à un passé et à ses déclinaisons présentes (divisions, tension de l’appartenance identitaire religieuse, « conflit israélo-palestinien »…). Son Beirut Kamikaze, au vu des extraits proposés, semble être un incroyable condensé, quelque part, de son travail. Mais n’ayant pas vu ce film en entier, je ne veux pas trop m’avancer là-dessus. Il est d’ailleurs invité le 23 novembre à la Médiathèque de Levallois-Perret qui a donné carte blanche à Guillaume Massart pour organiser une projection autour de la thématique »Vivre et témoigner des brûlures de l’histoire ». Beirut Kamikaze au programme donc, ainsi que Pompéi (nouvelle collection), court métrage réalisé dans le cadre du film collectif Outrage et rebellion….

Tout cela pour dire ici à quel point le travail de Karabache semble plutôt éloigné des critiques ci-dessus, bien que n’étant pas du tout dans une optique militante (loin de là !). 

Je suis un peu à côté de la plaque concernant le Liban (dont je méconnais beaucoup « l’Histoire » tandis que je n’y suis jamais allé), mais l’approche des ruines et éléments de vie à son contact (aussi « laide » soit elle) m’intéresse fortement chez Karabache; il expose un réel sans fioritures, tout en y mettant une patte personnelle, bien entendu. Et c’est d’autant plus fort qu’il tourne à petit budget, rendant possible le cinéma même avec 4 fois rien, sans en perdre la pertinence et la capacité de concerner un public face à un réel.  J’apprécie ce rentre dedans sans détour, sans tomber non plus dans le commerce de l’horreur et le spectaculaire. Comment vivre dans le chaos ? Ce qu’il met en avant, en tout cas dans les extraits vus pour ce qui concerne le Liban, c’est un chaos dans lequel on compose, qu’on ne peut ignorer (en tout cas pour une frange de la population ?). Il ne faut pas se voiler la face : impossible de se faire hypocrite et de fuir un réel, celui que Karabache choisit de filmer sans cesse quand il erre dans les rues de Beyrouth ou dans d’autres zones du pays (Wadi Khaled). Au-delà d’un constat, j’imagine que d’autres choses ressortent de ses films. Là-dessus, j’attend de voir en entier ses oeuvres, puisqu’à ce jour je n’ai vu que Wadi khaled et des extraits. Ce qui donne peut être une certaine superficialité aux lignes de ce post c’est que je me base avant tout sur des extraits et pas sur les films. Et j’ai aussi davantage orienté mes visions sur ce qu’il filme des lieux du Liban et du rapport engendré aux gens qui y vivent. (…)

Interview Sadoum in Film.Human Mag (UK)

INTERVIEW (en anglais) autour de mon film SADOUM publiée dans la revue anglaise de cinéma FILM.HUMAN (Londres)
– Interview with Christophe Karabache in Film.Human (London) Independent film magazine for Indies Films – Thanks to Ben Rider and TMBT film Awards http://filmhuman.com/curated/

Christophe Karabache

Christophe Karabache

Sadoum, Christophe Karabache

Sadoum, Christophe Karabache

film.human MAG

Sadoum, Christophe Karabache

Sadoum, Christophe Karabache

presse Zeitgeist Protest

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

La presse en parle et c’est ce soir à 20h au Studio Galande !
Le Monde : « Sensation pure: sixième long-métrage du cinéaste Christophe Karabache, le film, peu bavard, progresse par longues plages sensorielles et mystérieuses, ellipses et traitement plastique de l’image privilégiant parfois le flou. »
Critikat: « Dans un sens, on peut saluer la constance avec laquelle Christophe Karabache refuse de céder aux facilités, n’ayant jamais peur de susciter le rejet et imposant peu à peu une empreinte qui fait toute la singularité de ses films. »
Africiné: « Karabache pointe sa caméra comme une arme de précision, armure offensive contre la violence du monde (…) Le film est prémédité comme un coup de feu contagieux. »

Christophe Karabache

Christophe Karabache

Article dans Le Monde

Article dans LE MONDE sur Zeitgeist Protest – par le critique Jean-François Rauger

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/04/18/zeitgeist-protest-un-mysterieux-mal-contemporain_5112777_3476.html

« Zeitgeist Protest » : un mystérieux mal contemporain

Le sixième long-métrage de Christophe Karabache, peu bavard, progresse par longues plages sensorielles et ellipses.

Un homme solitaire, et visiblement hanté par un projet de vengeance, reçoit la visite de sa cousine qui s’installe chez lui après avoir quitté sa famille. Au bout d’une cohabitation à la fois sexuelle et conflictuelle, le couple décide de quitter l’immeuble de la banlieue parisienne où il loge et de prendre la route, de fuir vers un ailleurs mystérieux. Se contenter de résumer ainsi Zeitgeist Protest serait passer à côté de la singularité d’une œuvre un peu étrange.

Sensation pure

Sixième long-métrage du cinéaste Christophe Karabache, le film, peu bavard, progresse par longues plages sensorielles et mystérieuses, ellipses et traitement plastique de l’image privilégiant parfois le flou. Il s’agit ici avant tout sans doute de saisir une atmosphère, un état d’esprit, celui de personnages dont la nature se déduit de la sensation pure tout autant que de l’examen pensif de comportements tout extérieurs.

Individus solitaires et en marge (sont-ce vraiment des personnages ?), les silhouettes observées expriment un malaise que les effluves de récits qui flottent dans le film renvoient peut-être à un mal qui pourrait être contemporain. Le fameux « Zeitgeist » du titre peut-être.

logo-lemonde

Article sur Zeitgeist Protest – Africiné

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

http://www.africine.org/?menu=art&no=14060

ARTICLE sur Zeitgeist Protest dans Africiné Magazine – par le critique Michel Amarger (16/04/2017):

« Son tir est régulier, précis, implacable. On pourrait dire explosif. Depuis 2010, Christophe Karabache dégaine un film par an, ciblé comme un long-métrage provocateur et pulsionnel. Après avoir longtemps fait feu à Beyrouth, sa ville, poudrière pour Dodgem, 2013, ou Lamia, 2014, il mine Paris avec Sadoum, 2015, et y revient avec Zeitgeist Protest, 2016. Des vues du Liban zèbrent l’histoire comme des coups de lames. Déchirants rappels des traumatismes du héros.

Omar est un Libanais oppressé, qui dilapide son temps à Paris et ses bars. Il traîne dans sa petite chambre, respire souvent à l’aide d’un inhalateur de poche, et se touche le coeur qui se serre trop fort. Même la visite d’une prostituée à domicile ne l’apaise pas. Omar se débat dans un mal-être, hérité de son enfance au Liban. Tout semble ressurgir plus fort avec l’arrivée inopinée de sa cousine Youmna.
Elle a laissé son mari et son fils pour faire un break. Respirer elle aussi, hors du creuset de Beyrouth. Lassée d’être mère, épouse sage, elle vient se cogner à son cousin préféré comme une échappatoire. Leurs étreintes, leur corps à corps, sont presque animaux. Ils s’attirent, se repoussent, se jettent les frustrations au visage comme des couteaux. Lui, toujours miné par l’explosion qui a décimé ses parents dans sa jeunesse, elle par le poids d’une société trouble.

Le sursaut vient du départ, en voiture, vers l’ailleurs. Les routes qui se déroulent loin de Paris, vers la côte normande, la mer toujours recherchée, impalpable et purificatrice, mouvante. Comme celle qui lèche les côtes libanaises. En chemin, plane l’idée de faire un coup, braquage rêvé depuis longtemps. Un mafieux mystérieux mais reconnu, surgit en route, impose sa violence à Youmna.
En retour, celle d’Omar explose comme une délivrance, relative mais consistante. En bout de course, encore un corps à corps, ultime. Miné à son tour par les échos de la violence du monde, échos de manifestations comme un rappel nocturne, éclats des rondes de police comme un rappel diurne. Les jours restent menaçants, les voitures des pièges, les départs à recommencer.

Zeitgeist Protest est ainsi émaillé de « l’esprit du temps » et de sa contestation, selon la traduction de son titre, tiré de l’allemand. Référence possible à la posture des personnages de Rainer Fassbinder des années 70. Mais pour Christophe Karabache, la révolte est une pulsion ambiguë, destructrice, nécessaire, organique. Elle se tord et se débat dans les convulsions des personnages. Ici, un couple de cousins blessés. Lui, empêtré dans son passé explosé, elle, en rupture de famille établie. Les liens de sang les rapprochent, les opposent, les dépassent, rattrapés par leurs corps en effusions.
Christophe Karabache observe la tension qui monte, s’installe, par de longs plans attentifs, caméra douce et caressante, comme une pause avant l’explosion des sens. Les acteurs se jettent les uns contre les autres comme pour se chauffer, s’échauffer, s’affronter, s’affirmer. Centré sur le couple de cousins réunis, Zeitgeist Protest se resserre sur cinq personnages dont le plus profiteur, et le plus fugitif, est joué par Karabache lui-même. Signe de son empreinte en miroir dans une histoire dont le héros véhicule des relents de sa propre histoire.

Filmé comme une quête impérieuse, lancinante, Zeitgeist Protest échappe aux espaces balisés de Paris pour s’évader vers la côte tandis que des images libanaises épisodiques viennent larder le corps du film. Karabache pointe sa caméra comme une arme de précision, armure offensive contre la violence du monde. En ricochet, les cadres soigneusement composés, assurés par le chef opérateur Harris Thiéry Maisari, éclairent un environnement souvent oppressant, vu avec un esthétisme certain. Le montage parfois allusif, dû à Joe Blondin, restitue des blocs chaotiques de vies bardées de cicatrices.
Zeitgeist Protest sonne comme une alarme, résonne comme l’explosion terroriste d’une gare, creusant le silence épais qui règne en maître entre les personnages. Avec ses dialogues rares, ses musiques contrastées qui alignent, entre autres, des sons de Walmid Al-Wahab, Dee Nadjel, comme une chanson italienne, ancienne et romantique, le film de Christophe Karabache est prémédité comme un coup de feu contagieux. Produit avec un complice libanais, en toute indépendance, Zeitgeist Protest est l’amorce d’un combat incessant puisque, en fin de film, Karabache indique : « To be continued… »

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / Médias France),
pour Africiné Magazine