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Article dans Le Monde

Article dans LE MONDE sur Zeitgeist Protest – par le critique Jean-François Rauger

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/04/18/zeitgeist-protest-un-mysterieux-mal-contemporain_5112777_3476.html

« Zeitgeist Protest » : un mystérieux mal contemporain

Le sixième long-métrage de Christophe Karabache, peu bavard, progresse par longues plages sensorielles et ellipses.

Un homme solitaire, et visiblement hanté par un projet de vengeance, reçoit la visite de sa cousine qui s’installe chez lui après avoir quitté sa famille. Au bout d’une cohabitation à la fois sexuelle et conflictuelle, le couple décide de quitter l’immeuble de la banlieue parisienne où il loge et de prendre la route, de fuir vers un ailleurs mystérieux. Se contenter de résumer ainsi Zeitgeist Protest serait passer à côté de la singularité d’une œuvre un peu étrange.

Sensation pure

Sixième long-métrage du cinéaste Christophe Karabache, le film, peu bavard, progresse par longues plages sensorielles et mystérieuses, ellipses et traitement plastique de l’image privilégiant parfois le flou. Il s’agit ici avant tout sans doute de saisir une atmosphère, un état d’esprit, celui de personnages dont la nature se déduit de la sensation pure tout autant que de l’examen pensif de comportements tout extérieurs.

Individus solitaires et en marge (sont-ce vraiment des personnages ?), les silhouettes observées expriment un malaise que les effluves de récits qui flottent dans le film renvoient peut-être à un mal qui pourrait être contemporain. Le fameux « Zeitgeist » du titre peut-être.

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Article sur Zeitgeist Protest – Africiné

http://www.africine.org/?menu=art&no=14060

ARTICLE sur Zeitgeist Protest dans Africiné Magazine – par le critique Michel Amarger (16/04/2017):

« Son tir est régulier, précis, implacable. On pourrait dire explosif. Depuis 2010, Christophe Karabache dégaine un film par an, ciblé comme un long-métrage provocateur et pulsionnel. Après avoir longtemps fait feu à Beyrouth, sa ville, poudrière pour Dodgem, 2013, ou Lamia, 2014, il mine Paris avec Sadoum, 2015, et y revient avec Zeitgeist Protest, 2016. Des vues du Liban zèbrent l’histoire comme des coups de lames. Déchirants rappels des traumatismes du héros.

Omar est un Libanais oppressé, qui dilapide son temps à Paris et ses bars. Il traîne dans sa petite chambre, respire souvent à l’aide d’un inhalateur de poche, et se touche le coeur qui se serre trop fort. Même la visite d’une prostituée à domicile ne l’apaise pas. Omar se débat dans un mal-être, hérité de son enfance au Liban. Tout semble ressurgir plus fort avec l’arrivée inopinée de sa cousine Youmna.
Elle a laissé son mari et son fils pour faire un break. Respirer elle aussi, hors du creuset de Beyrouth. Lassée d’être mère, épouse sage, elle vient se cogner à son cousin préféré comme une échappatoire. Leurs étreintes, leur corps à corps, sont presque animaux. Ils s’attirent, se repoussent, se jettent les frustrations au visage comme des couteaux. Lui, toujours miné par l’explosion qui a décimé ses parents dans sa jeunesse, elle par le poids d’une société trouble.

Le sursaut vient du départ, en voiture, vers l’ailleurs. Les routes qui se déroulent loin de Paris, vers la côte normande, la mer toujours recherchée, impalpable et purificatrice, mouvante. Comme celle qui lèche les côtes libanaises. En chemin, plane l’idée de faire un coup, braquage rêvé depuis longtemps. Un mafieux mystérieux mais reconnu, surgit en route, impose sa violence à Youmna.
En retour, celle d’Omar explose comme une délivrance, relative mais consistante. En bout de course, encore un corps à corps, ultime. Miné à son tour par les échos de la violence du monde, échos de manifestations comme un rappel nocturne, éclats des rondes de police comme un rappel diurne. Les jours restent menaçants, les voitures des pièges, les départs à recommencer.

Zeitgeist Protest est ainsi émaillé de « l’esprit du temps » et de sa contestation, selon la traduction de son titre, tiré de l’allemand. Référence possible à la posture des personnages de Rainer Fassbinder des années 70. Mais pour Christophe Karabache, la révolte est une pulsion ambiguë, destructrice, nécessaire, organique. Elle se tord et se débat dans les convulsions des personnages. Ici, un couple de cousins blessés. Lui, empêtré dans son passé explosé, elle, en rupture de famille établie. Les liens de sang les rapprochent, les opposent, les dépassent, rattrapés par leurs corps en effusions.
Christophe Karabache observe la tension qui monte, s’installe, par de longs plans attentifs, caméra douce et caressante, comme une pause avant l’explosion des sens. Les acteurs se jettent les uns contre les autres comme pour se chauffer, s’échauffer, s’affronter, s’affirmer. Centré sur le couple de cousins réunis, Zeitgeist Protest se resserre sur cinq personnages dont le plus profiteur, et le plus fugitif, est joué par Karabache lui-même. Signe de son empreinte en miroir dans une histoire dont le héros véhicule des relents de sa propre histoire.

Filmé comme une quête impérieuse, lancinante, Zeitgeist Protest échappe aux espaces balisés de Paris pour s’évader vers la côte tandis que des images libanaises épisodiques viennent larder le corps du film. Karabache pointe sa caméra comme une arme de précision, armure offensive contre la violence du monde. En ricochet, les cadres soigneusement composés, assurés par le chef opérateur Harris Thiéry Maisari, éclairent un environnement souvent oppressant, vu avec un esthétisme certain. Le montage parfois allusif, dû à Joe Blondin, restitue des blocs chaotiques de vies bardées de cicatrices.
Zeitgeist Protest sonne comme une alarme, résonne comme l’explosion terroriste d’une gare, creusant le silence épais qui règne en maître entre les personnages. Avec ses dialogues rares, ses musiques contrastées qui alignent, entre autres, des sons de Walmid Al-Wahab, Dee Nadjel, comme une chanson italienne, ancienne et romantique, le film de Christophe Karabache est prémédité comme un coup de feu contagieux. Produit avec un complice libanais, en toute indépendance, Zeitgeist Protest est l’amorce d’un combat incessant puisque, en fin de film, Karabache indique : « To be continued… »

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / Médias France),
pour Africiné Magazine

 

Review for Zeitgeist Protest by 12MFF Romania

ZEITGEIST PROTEST – A new way of making cinema »
Review for my feature Zeitgeist Protest from Romania by 12 months Film Festival (Alexandru Vlad)

http://12mff.com/zeitgeist-protest-a-new-way-of-making-cinema/

ZEITGEIST PROTEST – A new way of making cinema

I just took a look, again, on the Christophe Karabache’s new movie, in order to develop this review, and the clarity of the first impression came back from nowhere. The ‘minimalist’ style is poignant in this film and works well, which may become in time one of the examples that explains in cinema schools how the method works.
We have here all the principal characteristics of the style – the long and static shots where the focus is left to the actors, the low tone in which the story is told with realist and sincere dialogs, the avoidance of any sophisticated settings or complicated camera work.
But this is not all; the attention of the image director on the visual elements left me without words. We can see there that the red color it’s present like an leitmotif, and the continuous fight of the actors with the feelings they can’t control is the first action line of the movie.
As has already been remarked, the conversation is *boring*, there is no spark of life, of joy, of complicity among these people. But there is something more powerfull: the agony that flows through their body. That kind of agony that makes you search and accept all kinds of human pleasures, in order to extinguish the fire of your pain. Beyond all the pleasure, pain and feelings we can see that everything in the plot was organized as a metaphor for the inside world of the actors. The getaway from this world comes to light, at the end of the movie, when the two cousins consume their pain in an sexual act.

 

article Africiné sur SADOUM

ARTICLE sur SADOUM sur Africiné Magazine, Par Michel AMARGER (05/11/2016):

http://www.africine.org/?menu=art&no=13821

Sadoum
Pulsions urbaines et répulsions

« L’univers nerveux de Christophe Karabache fuse et prend ses quartiers dans les vibrations parisiennes. On sait l’attrait du cinéaste libanais pour les atmosphères tendues, les corps palpitants, les chocs et les heurts du monde oriental. Sa trilogie convulsive a creusé les failles de Beyrouth par Too Much Love Will Kill You, 2012, surfant sur la prostitution, Dodgem, 2013, miné par la cruauté et l’absurde, Lamia, 2014, attaché à la figure ambigüe de la mère, la fureur des combattants. La régularité de ces productions indépendantes, assenées comme des coups de poing, a rebondi à bon escient dans des salles françaises. Aujourd’hui, le réalisateur braque sa caméra libre et attentive sur les espaces parisiens qu’il hante comme un braqueur de cinéma avec Sadoum, 2015.

Ce titre désigne le héros, un homme jeune, à l’allure orientale, tourmenté, violent, qui partage une petite chambre parisienne avec un amant. Ils se touchent, se heurtent, parlent peu, boivent en laissant filer le temps qui s’étire. Leur liaison semble s’effilocher, grippée par un mal de vivre qui éprouve Sadoum. Il se jette dans la rue, le train de banlieue, le tram, comme pour se projeter vers un ailleurs impalpable. Sur un escalier, il croise une fille assise, fait marche arrière, ils parlent. Maria, peu farouche, le convoite, l’excite, le mène dans son appartement cossu. Ils s’attirent, se repoussent, jouent à se provoquer, s’étreignent comme des corps blessés, désirants, insatisfaits. La liaison tourne au manque, à la rupture. Sadoum se jette dans la rue, hante les berges de Seine où passent des rôdeurs. On le vole, il se réfugie dans la nuit comme pour se replier dans la rage qui le dévore, le cloue, le fixe dans la ville fiévreuse.

En filmant les convulsions du désir, des corps, des sens à vifs, Christophe Karabache n’imprime pas une véritable histoire mais compose une fiction épidermique. Les scènes posées, patiemment devant l’objectif, saisissent le défilement du temps, le délitement des sentiments, l’affrontement amoureux dans les espaces intérieurs. Des plans plus courts jaillissent, en extérieurs, zébrant la construction du film. Les rues semblent alors des couloirs ouverts sur l’infini, les quais de la Seine paraissent des lignes de fuite. Et la musique, composée par Wamid Al-Wahab, compositeur familier de Karabache, épouse ces rythmes dans un dialogue sensible où les sons crissent comme des lames.

Sadoum marque ainsi le corps à corps du cinéaste libanais avec la capitale française qu’il vit comme un point d’accroche, de rejet. Les traumatismes du Liban semblent hors champs et pourtant le film s’ouvre comme une course haletante sur la côte, prolongement suggestif du précédent long-métrage du cinéaste. La mémoire du héros, avide de manier la Kalachnikov, le couteau, palpite avec la conscience de la violence qu’il colporte et qu’il brandit comme une menace dans les rapports amoureux. C’est peut-être cette histoire éprouvée sur un autre territoire, ces blessures d’un autre temps, que charrie Sadoumdans ses rapports parisiens.

Christophe Karabache y poursuit son balayage virulent des tabous du monde oriental. Il saisit les relations homosexuelles comme une évidence, évoque la prostitution, les bordels de l’enfance, les rapports de couple inassouvis, la frustration, l’impuissance. Au-delà, c’est le mal-être intérieur qui se dévoile et se révèle face à la caméra. Karabache cadre, dirige et pilote son trio de personnages entrechoqués dans une transe d’émotions et de gestes. Les acteurs s’immergent dans cet univers si personnel en lâchant prise. Car le réalisateur qui aime faire des apparitions parfois fulgurantes et dévastatrices dans ses fictions, ne ménage personne. Il mène son projet comme un franc-tireur libertaire. Servi par quelques alliés pour le montage, la production, il pousse un cran plus loin la détonation de son cinéma indépendant. Sadoum est un cri du cœur, palpitant et meurtri, un défi à l’effacement du corps, des désirs. »

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / Médias France),
pour Africiné Magazine

Review – Zeitgeist Protest from TMBT (London)

Review by TMBT London (The Monkey Bread Tree Film Awards – august 2016), where the film was nominated (spring edition):http://themonkeybreadtree.com/feature-reviews/

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

« Zeitgeist Protest (2016, Christophe Karabache)
There is something quite perverse about Zeitgeist Protest. Bit by bit we explore the mind of a man lost in the past terrors which haunt him. The film feels perhaps a tad exploitative of its topic, or is it perhaps our fascination with the topic which is being exploited? It doesn’t matter.

The issue at hand isn’t a discussion about film ethics really, nor is it a dilemma about the difference of spaces: the film’s space, our space, the space between us and what we are watching. These thoughts are triggered however, and it is all thanks to Christophe Karabache’s film. Here he leans his camera in and out of spaces, moving slowly in, or away. He is a skilled director, one reminiscent to me of Semih Kaplanoğlu, the highly regarded writer/director behind the Yusuf Trilogy.

The film sporadically looks like it might cheer up its topic, but that hope is swiftly turned away by the arrival of even more turbulent times. Sex and violence merge, and a burst of images which appear unfiltered and unadulterated occur. This film isn’t here to flatter upon its topic, but instead set a tone and a mood around the experience which is to be had when living with trauma. It is a skilled film, full of psyche and smartly layered thoughts embedded in a rich variety of locations and a small, but effective, cast.
It is at the end of the day a provocative watch. »

Review by TMBT film awards (London) – August 2016
The Monkey Bread Tree Film Awards

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

Zeitgeist Protest, Christophe Karabache

 

Mondes du Cinéma – revue

Album visuel de ma filmographie récente édité dans le numéro 9 de la revue « Mondes du Cinéma » (août 2016) – éditions LettMotif
http://www.edition-lettmotif.com/produit/mondes-cinema-9/

Christophe Karabache

Christophe Karabache

Christophe Karabache

Christophe Karabache

mdc CK

Article sur LAMIA dans TELERAMA

Article sur LAMIA de Christophe Karabache dans TELERAMA:

« On est séduit, d’abord, par le désespoir avec lequel le réalisateur filme le Liban. Paysages à l’abandon, bruits lancinants (un vélo qui grince, un ventilateur qui claque), personnages comme asphyxiés, notamment ce coach mafieux, secoué de tics, impuissant parce que incestueux. Mais l’originalité vire, à force d’affectation, à l’exercice de style assez vain. » — Pierre Murat

http://www.telerama.fr/cinema/films/lamia,502510.php

telerama_niou