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Vortex dans Persona Grata!

ARTICLE sur VORTEX dans ‘Persona Grata’ par Jean-Philippe Guerand:

« Il se passe indéniablement quelque chose dans le domaine du cinéma de genre français. En voici une nouvelle preuve avec Vortex, film gore d’une rare audace, tant par son propos que par sa mise en forme. Sans mauvais jeu de mots, Christophe Karabache apporte du sang neuf à une mythologie dont il importe les codes au cœur de notre patrimoine. Ce réalisateur franco-libanais membre de l’atelier alternatif de cinéma expérimental (Etna) n’est pas un nouveau venu. Loin de là. Plusieurs de ses opus précédents ont été présentés et primés dans des festivals internationaux.Vortex est un film d’une audace étonnante qui orchestre la rencontre de deux mondes a priori étrangers l’un à l’autre. Un tueur philosophe et une sorcière bretonne qui fait corps avec la lande et le granit. Deux êtres marginaux mais complémentaires : l’un ôte la vie, l’autre la régénère… en usant de ses menstruations comme engrais. La réussite du film est d’orchestrer la fusion de ces deux solitudes avec une audace visuelle très réussie. Le mérite en revient à une mise en scène inventive qui transcende un scénario si singulier qu’aucun comité de lecture institutionnel ne lui aurait sans doute accordé ses subsides. Son efficacité repose aussi sur le caractère atypique de ses interprètes, qu’il s’agisse de la composition toute en soliloques de l’inquiétant Julien Romano ou de la sensualité ravageuse de Claudia Fortunato, déjà à l’affiche du film précédent du cinéaste, le non moins étrange thriller UltravoKal (2019). Karabache a le mérite d’aller au bout de son propos dans une démarche radicale qui mérite qu’on y prête une attention particulière. L’audace de Vortex est précieuse. Pas sûr qu’elle comble les féministes, même si c’est une femme fatale (à tous les sens du terme) qui en tire les ficelles. »

https://jipezelig.blogspot.com/2020/10/vortex-de-christophe-karabache.html

Article sur Wadi Khaled

Article sur mon film Wadi Khaled (de 2012) sur Citylight (Blog) par Grégory Tahar:

https://citylightscinema.wordpress.com/2012/10/21/wadi-khaled-christophe-karabache-2008/

extraits:

Cela fait un moment que j’ai eu l’occasion de voir des bribes de films et de lire quelques interviews de ce cinéaste/vidéaste franco-libanais fort intriguant. J’ai bien essayé de faire commander à une médiathèque certains de ses films, ce n’était pas possible, tandis qu’il a sorti en salles, en 2011, un long métrage intitulé Beirut kamikaze, désormais disponible en DVD. Depuis peu il est un film accessible en ENTIER sur le net. J’en ai profité pour la découverte, au-delà des propos forts intéressants qu’il développe dans ses interviews, que ce soit sur la situation du Liban, le milieu du cinéma, les réactions devant ses films ou encore les auteurs qui l’ont marqué (Pasolini, Fassbinder…). Ce film est donc Wadi Khaled.

Christophe Karabache dispose par ailleurs d’un compte sur Vimeo où quelques unes de ses réalisations sont accessibles par de nombreux extraits. J’ai donc visionné l’ensemble, et c’est ici une manière de rebondir vis du final de Wadi Khaled (zone particulièrement tendue, de nouveau, depuis quelques temps ceci dit !). La guerre et ses bombardements (que de ruines, et la bande sonore…), la personne à son contact (les invisibles et marginaux notamment), le chaos, l’errance… sont très prégnants dans ces extraits. Ici, nul détour par une démarche sophistiquée, conceptuelle, policée… Il y aborde régulièrement de front le Liban, tel qu’il semble être. Et il n’est pas sans la guerre : celle-ci y est une référence quasi constante. En cela Karabache semble s’inscrire dans une dimension des films libanais qui se refusent à faire l’impasse sur cette mémoire…

Par rapport à tout cela, Karabache n’y va pas de main morte. Il fait exploser à la tête du spectateur une réalité violente, toujours articulée à un passé et à ses déclinaisons présentes (divisions, tension de l’appartenance identitaire religieuse, « conflit israélo-palestinien »…). Son Beirut Kamikaze, au vu des extraits proposés, semble être un incroyable condensé, quelque part, de son travail. Mais n’ayant pas vu ce film en entier, je ne veux pas trop m’avancer là-dessus. Il est d’ailleurs invité le 23 novembre à la Médiathèque de Levallois-Perret qui a donné carte blanche à Guillaume Massart pour organiser une projection autour de la thématique »Vivre et témoigner des brûlures de l’histoire ». Beirut Kamikaze au programme donc, ainsi que Pompéi (nouvelle collection), court métrage réalisé dans le cadre du film collectif Outrage et rebellion….

Tout cela pour dire ici à quel point le travail de Karabache semble plutôt éloigné des critiques ci-dessus, bien que n’étant pas du tout dans une optique militante (loin de là !). 

Je suis un peu à côté de la plaque concernant le Liban (dont je méconnais beaucoup « l’Histoire » tandis que je n’y suis jamais allé), mais l’approche des ruines et éléments de vie à son contact (aussi « laide » soit elle) m’intéresse fortement chez Karabache; il expose un réel sans fioritures, tout en y mettant une patte personnelle, bien entendu. Et c’est d’autant plus fort qu’il tourne à petit budget, rendant possible le cinéma même avec 4 fois rien, sans en perdre la pertinence et la capacité de concerner un public face à un réel.  J’apprécie ce rentre dedans sans détour, sans tomber non plus dans le commerce de l’horreur et le spectaculaire. Comment vivre dans le chaos ? Ce qu’il met en avant, en tout cas dans les extraits vus pour ce qui concerne le Liban, c’est un chaos dans lequel on compose, qu’on ne peut ignorer (en tout cas pour une frange de la population ?). Il ne faut pas se voiler la face : impossible de se faire hypocrite et de fuir un réel, celui que Karabache choisit de filmer sans cesse quand il erre dans les rues de Beyrouth ou dans d’autres zones du pays (Wadi Khaled). Au-delà d’un constat, j’imagine que d’autres choses ressortent de ses films. Là-dessus, j’attend de voir en entier ses oeuvres, puisqu’à ce jour je n’ai vu que Wadi khaled et des extraits. Ce qui donne peut être une certaine superficialité aux lignes de ce post c’est que je me base avant tout sur des extraits et pas sur les films. Et j’ai aussi davantage orienté mes visions sur ce qu’il filme des lieux du Liban et du rapport engendré aux gens qui y vivent. (…)