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Article dans LE MONDE sur le film

Article dans le journal LE MONDE sur ‘Too Much Love Will Kill You’

« Interdit au Liban et en France, aux moins de 16 ans, Too Much Love Will Kill You, le premier long-métrage du réalisateur franco-libanais Christophe Karabache, est voué à une visibilité limitée. Issu du milieu du cinéma expérimental, le réalisateur met en scène une descente aux enfers des plus glauques.

Marina, une jeune femme d’origine russe s’ennuie ferme auprès de son compagnon. Elle décide de fuir sa vie parisienne insipide pour Beyrouth où elle se prostitue bientôt pour le compte d’un proxénète, appelé « le Boss ». Une relation ambiguë se noue entre eux. Dans les rues, la guerre plonge la ville dans une insécurité permanente. Les attentats se multiplient et Marina est finalement abandonnée par son souteneur.

A l’origine de nombreux courts-métrages expérimentaux et de documentaires dont le remarqué Beirut Kamikaze, Christophe Karabache rate sa fiction mais livre un portrait saisissant de Beyrouth. Sous sa caméra, la violence de la ville éclate sporadiquement, comme des déflagrations. Les immeubles grêlés par les impacts de balles et de bombes se dressent, comme des entités malades et inquiétantes.

C’est dans ce décor désolé que Karabache filme une autre guerre : celle des corps qui se marchandent et dont la valeur n’excède pas celle de cadavres. En surplomb, le réalisateur enregistre une altercation autour d’un mort, qui gît là en pleine rue, contre son véhicule.

Il aborde également un groupe d’hommes qui parlent de la guerre et de la sexualité, avant que la conversation ne dégénère en rixe.

Ces moments bien réels, arrachés à l’artifice d’une fiction assez faible, prennent à la gorge. Ils restituent toute la brutalité d’une ville en état de siège, ravagée par les luttes confessionnelles et dont la fureur latente déborde au moindre incident. Pas étonnant que le film ait été interdit de diffusion au Liban.

La vision sans aménité que Christophe Karabache livre de son pays a tout du brûlot. Mais avec ses scènes étirées à l’excès, le portrait radical de cette femme immigrée qui sombre dans la déchéance n’échappe pas à la complaisance.

Superposer la pornographie à la guerre – comme Jean-Luc Godard l’a d’ailleurs fait dans ses Histoires du cinéma – tenait lieu de vrai projet cinématographique. Peut-être n’avait-il pas besoin, pour s’accomplir, d’emprunter la voie fictionnelle, d’autant plus quand on voit comment Christophe Karabache réussit en quelques plans viscéraux à capter la folie nihiliste des hommes. »

Par Sandrine Marques

http://www.lemonde.fr/acces-restreint/culture/article/2013/01/22/6a6d639f6b6569c5936b6964659f6a_1819801_3246.html

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